1 semaine sur 2

04 août 2018

[ écho ]

Les journées se suivent et se ressemblent.  Nous cohabitons tant bien que mal.

Très peu de mots échangés, le strict minimum : le petit, les voisins trop bruyants, qu'est-ce qu'on mange ce soir … Il n'y a plus de tensions, c'est déjà ça, plus de disputes.

Certains sujets de conversation abordés en thérapie de couple ont dû faire écho chez lui : aujourd'hui, plutôt que passer son temps à fuir les pièces de la maison où je me trouvais, il est resté et s'est plus occupé de notre fils qu'à l'accoutumée.   Il a passé du temps avec lui, à jouer aux Playmobils, à jouer dans la piscine ou regarder des dessins animés, le petit était aux anges, il avait perdu l'habitude de voir son père passer du temps avec lui.

Depuis l'annonce de notre séparation il y a 2 mois, son père prenait le prétexte d'avoir besoin de prendre l'air ou prendre du recul pour s'isoler, que ce soit à l'extérieur ou dans son bureau, son atelier …  Notre fils commençait à en souffrir …  J'avais pu l'observer quelques jours plus tôt quand il lui avait promis de jouer au ballon avec lui dans le jardin : le match de foot improvisé avait duré 3 minutes montre en main ; ensuite, il avait prétexté une cigarette à fumer pour s'éloigner et finalement remonter se cacher dans le bureau à l'étage, laissant le pauvre petit bout'chou seul avec son ballon.  Lire la tristesse et la déception dans son petit regard de 4 ans m'avait fait trop mal au cœur, il fallait qu'il sache que son fils en attendait plus de sa part, surtout en ce moment.

Je suis contente qu'il ait réagi, heureuse de voir le sourire de mon petit s'illuminer toute cette journée …

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03 août 2018

[ Un silence assourdissant ]

Aujourd'hui fut jour de thérapie de couple.

Autant je prends conscience qu'il vaut mieux que nous  nous séparions, que je n'ai jamais ressenti de réels papillons dans le ventre, que notre vie commune manquait de vie et autant je me prépare à ma future vie de maman solo, autant ces séances chez le psy me sapent le moral.  J'en sors en larmes, après avoir pleuré pendant 1h devant le psy.

Nous avons de meilleures relations depuis quelques jours, plus sereines qu'avant, mais parler de certaines choses, ressasser, voir des souvenirs remonter, ce n'est tout de même pas facile à gérer.  A peine quelques minutes après le début de nos séances, je suis déjà en larmes et je passe tout l'entretien le nez dans mes kleenex.

Ces séances se passent malgré tout relativement bien : nous y communiquons beaucoup plus facilement qu'à la maison (où le silence domine la plupart du temps) et nous sommes relativement d'accord sur tout ce qui concerne l'éducation que nous voulons donner à notre fils et la direction à donner à notre nouvelle relation.

Le problème reste le manque de communication "naturelle" entre nous dans la vie de tous les jours.  Il faudra du temps, ça finira par revenir, mais les tensions sont encore récentes et ne nous permettent pas de réellement renouer un vrai contact.  Nous passons encore beaucoup trop de temps assis dans la même pièce, dans un silence qui en devient assourdissant.  Le malaise reste bien là, même s'il n'y a plus d'électricité dans l'air.

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02 août 2018

[ Le calme après la tempête ]

 

l y a exactement 2 mois que la bombe a été lâchée : il n'a plus de sentiments, il fait semblant depuis des mois, il a essayé en espérant que ça aille mieux, que ça revienne, pour lui, pour moi, pour nous, pour notre fils, il s'est accroché tant qu'il a pu mais là, il ne peut plus.

Après la surprise, les pleurs, les questions, les doutes, la colère, les prises de becs, les disputes, les cris, il fallait bien que cela se calme un jour.  Et ce jour, c'était il y a une semaine, quand il a enfin accepté de faire une mini-thérapie de couple.  Non pas pour nous sauver et rester ensemble, non pas pour reconstruire, mais pour apaiser les tensions et nous séparer en douceur dans l'intérêt de notre fils de 4 ans.

Pour l'instant, nous vivons toujours ensemble, dans la même maison, mais nous faisons chambre à part.  C'est moi qui pars alors j'ai préféré déserter la chambre ex-conjugale et aménager un lit dans le grenier.  J'ai commencé à racheter des meubles et je scrute les petites annonces à la recherche d'une maison ou d'un appartement.  Pas trop loin pour que la garde alternée soit plus facile et que notre fils n'ait pas à changer d'école.

J'ai fini par accepter cet état de fait : il ne m'aime plus et veut divorcer.  J'ai été assez surprise au début et ai eu du mal à accepter les premières semaines mais il faut que je sois honnête avec moi-même : en réalité, je m'ennuyais dans ce mariage, je m'endormais, me fanais petit à petit.  Pourtant, je l'ai aimé et je l'aime toujours.  Et je pense qu'une partie de moi l'aimera toute ma vie.  J'aime profondément cet homme.  Je n'ai rien à lui reprocher, il a toujours été un mari parfait, doux et aimant, démonstratif et généreux, me faisant toujours passer en priorité.  Il est un père merveilleux aussi.  Et a été un beau-père très patient avec ma fille issue d'un premier mariage ; trop patient même car elle lui a mené la vie dure et elle aurait parfois mérité des claques.  Je n'ai vraiment rien à lui reprocher en tant que mari, en tant que père ou beau-père, rien à lui reprocher en tant qu'homme, je l'aime vraiment, mais si je suis honnête, je dois avouer que je n'ai probablement jamais été passionnément amoureuse de lui.  Je n'ai jamais ressenti de papillons dans le ventre, je n'ai jamais ressenti de grand frisson, il ne m'a jamais réellement manqué quand il devait s'absenter … et je pense qu'à la longue, à force de ne pas avoir un retour de ma part aussi grand et fort que celui qu'il pouvait me donner et me montrer, son amour a dû s'essouffler.

Je l'aime malgré tout.  D'un amour plus calme et raisonné.  C'est très difficile à expliquer.

Alors après le choc de l'annonce de son désir de séparation, après la tempête qu'a provoqué cette annonce, il a bien fallu que j'arrête de me mentir à moi-même : en réalité, même si elle me fait du mal, cette séparation était inévitable … et je pense même qu'il vaut mieux qu'il en soit ainsi.  A terme, nous n'aurions probablement plus été heureux ensemble et je l'aurais même peut-être rendu malheureux.

Maintenant que cette annonce est digérée et acceptée, il me faut préparer mon départ.  Je rachète des meubles et surveille les annonces immobilières mais je pense déjà aussi à "l'après" : les futures sorties entre copines, l'aménagement de mon intérieur, le retour  à une vie sexuelle plus débridée, comment gérer une vie de maman solo avec mon petit poussin, …

Il n'est pas dans mon tempérament de me laisser abattre et déprimer, je veux profiter de ce changement de vie pour opérer d'autres changements utiles : retrouver une vie sociale plus épanouie (parce qu'il faut bien avouer qu'en couple avec des enfants, la vie sociale en prend parfois un coup), profiter de mon temps libre pour refaire du sport et m'occuper de moi, refaire des choses et revoir des personnes que j'avais mises de côté par amour ou par manque de temps, manger plus équilibré, entre autres choses.  Et rouvrir un blog.  Depuis 15 ans, j'en ai tenu plusieurs successivement mais depuis ma rencontre avec Mari 2, j'avais complètement laissé tomber, prétextant un manque de temps ou un manque d'envie.  Je pense qu'inconsciemment, j'avais aussi peur de devoir me censurer (dans le cas où il aurait su l'existence du blog) ou peur qu'il découvre des mots qu'il aurait mieux fallu qu'il ne lise pas (dans le cas d'un blog "secret").  Pas que j'aurais forcément dit du mal de lui, parce que je ne pense pas que ça aurait été le cas (je n'ai vraiment pas grand chose à lui reprocher), mais le simple fait de dire que je m'ennuyais dans ma vie, il l'aurait forcément mal pris, à raison, vu que c'est avec lui que je la partageais, cette vie …

Cette séparation sonne en fait comme un réveil-matin : je dois me (re)lever, bouger, sortir, profiter de la vie et me retrouver moi-même car je me suis endormie et perdue en chemin.  Petit à petit, au fil des ans, j'ai changé, j'ai arrêté de sortir, arrêté de voir mes amis, arrêté de faire des photos, arrêté de lire, arrêté d'aller voir des expos et des concerts, arrêté d'aller boire un verre avec des potes, arrêté de partir en Week-end, arrêté d'avoir envie de faire tout ça, j'ai même arrêté d'avoir envie de faire l'amour ! Il manquait l'envie, le piment, le petit truc en plus, la petite étincelle qui vous donne la sensation d'être vivant.  J'aimais ma vie pourtant, elle était calme, stable, équilibrée, mais la routine est meurtrière ...

Je veux retrouver celle que j'étais avant, celle que je suis au fond de moi.

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[Pic : Selfportrait avec mon chaton]

 

 

 

Posté par Paparfette à 14:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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